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  • : Site officiel du peintre Maurice MONTET. Pour découvrir ou redécouvrir l'oeuvre de ce peintre français (1905-1997) originaire du Rhône, s'incrivant dans la lignée du courant impressionniste.
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Témoignages de René MONTET, fils de Maurice MONTET

"Souvenirs" - Novembre 2006

Le 2/1/1996 nous rentrions de Thizy sur Lyon, après nos vœux aux Parents. Henri-Pierre sentant son grand-Père décliner, m’invita à entamer sans tarder des recherches pour dresser un Inventaire Artistique de son Œuvre. Je mesure aujourd’hui ma chance d’avoir suivi son conseil. L’inventaire est là  (4300 photos) et passera à la postérité.

J’ignorais tout de mon Père. Je l’avais vu peindre, sa pipe et ses pinceaux en action, j’avais vécu dans l’odeur de la térébenthine, de l’huile de lin et de la peinture mais en définitive étranger à ce qui se passait. Et brutalement m’étaient révélés l’importance de son Œuvre, sa créativité, la trace qu’il avait laissée dans le cœur de ses admirateurs et amis.

Maurice MONTET ne fût pas un père traditionnel. Sévère, peu démonstratif, toujours tendu, un être difficile pour tout son entourage. Il était aussi extrêmement courageux  pour défendre sa nombreuse  famille en situation de précarité. Etre hors normes il avait son franc-parler dans la localité quand certaines décisions étaient prises. En fait, dans une période où les gens étaient « cadrés » personne ne savait trop comment situer MONTET. Etait-il anarchiste, calotin ?

Mes frères et sœurs redoutaient les colères paternelles. Le père MONTET avait la main leste. Et nous n’étions pas toujours sages, occasionnant souvent des dégâts sur les peintures encore fraîches. Mon Père ne parvenait pas toujours non plus à la maîtrise de ce qu’il voulait peindre. On avait faim à la maison MONTET et les parents se privaient. L’achat des tubes de peinture grevait le budget alimentation et déclanchait des empoignades homériques des parents.

Il m’est arrivé de regarder quelques fois peindre mon Père mais je retiens surtout ces moments passés dans son atelier de mécanique quand il créait des objets en ferronnerie .Sa forge, ses fers incandescents d’où giclaient des gerbes d’étincelles sous les lourds coups de marteau. Magie du fer prenant les formes données par son créateur : un lustre, un crucifix, un calice  ………

J’appris aux environs de ma vingtième année qu’il avait été content de ma naissance. C’est à cette période que nous eûmes les premières vraies discussions. Elles portaient sur la religion. Il m’accusait de progressisme mais nous finissions par nous mettre d’accord.

Voila onze ans que je poursuis mon inventaire. Je suis heureux de l’avoir entamé 18 mois avant qu’il nous quitte et j’ai pu vivre ainsi avec mon Père une affectueuse complicité. Elle m’aura valu, quelques jours avant sa mort, de recevoir cette confidence en guise de testament : »je crois avoir fait de la bonne peinture »

C’est l’avis de tous ceux que j’ai rencontrés et qui m’ont dit leur estime et leur admiration pour l’Homme et l’Artiste qu’était Maurice MONTET. Il avait ses têtes, ses moments où il se montrait plus disponible, mais on lui pardonnait : C’était  MONTET.

Stéphane, son petit-fils,  s’emploie lui aussi, avec fierté, à découvrir la  trace et le patrimoine artistiques laissés par ce grand-Père hors du commun.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Témoignage de Stéphane MONTET, petit fils de Maurice MONTET

Lyon le 18 novembre 2006

J’ai suffisamment côtoyé mon grand père pour l’aimer. Mais l’ayant fait de manière épisodique, mes liens n’ont pas eu le défaut de verser dans une familiarité qui aurait entravé mon imaginaire. De fait, je n’en ai donc retenu que l’essence et la noblesse. Pour un petit fils, un grand-père est toujours quelqu’un de fascinant parce qu’il «vient» d’une autre époque, pour l’enfant que j’étais, le mien l’était d’autant plus qu’il s’agissait d’un artiste ! 

 

Sa maison du Bois Semé était semblable à celle d’un conte. Elle recélait à mes yeux des endroits extraordinaires. Le salon avait des murs couverts de tableaux racontant chacun une histoire. La mystérieuse tenture rouge sang de l’alcôve adjacente ouvrait sur un monde de voyage : l’Océanie, l’Afrique et bien d’autres destinations ! Il y avait là, pèle mêle, accrochés aux pans de murs, animaux empaillés exotiques, instruments de musiques, statues, masques africains objets et amulettes vaudous. Inquiétant et en même temps terriblement attirant ! La galerie, flanquant la maison était toujours fraîche et silencieuse. On y contemplait les peintures de mon grand-père. Il y avait aussi l’atelier haut perché qui donnait sur une petite cour dominant les vertes collines. On y accédait en prenant un escalier de pierre bordé de verdure luxuriante. C’était la retraite de mon grand-père qui s’y retirait à l’aube pour peindre. Une lumière douce pénétrait la verrière. L’atelier était encombré de tableaux, le dernier trônant sur le haut chevalet près de la palette pleine de pâtes multicolores encore fraîches. La table était couverte de pots où trempaient des pinceaux. Chaque pièce avait son odeur. Le salon était bleu de la fumée de la pipe de mon grand-père qui était un fumeur invétéré. Sur la table, le paquet de « Caporal doux » tenait invariablement compagnie au cendrier. L’alcôve exhalait des odeurs de lointain. La galerie de peintures sentait l’odeur fade de la peinture et l’atelier l’odeur entêtante de l’essence de térébenthine. Lors de la plupart de nos visites dominicales la maison était souvent pleine d’inconnus : beaucoup d’amis et de connaissances qui venaient visiter l’artiste et à qui l’on «payait» le « canon » ou le café.

Je me souviens la maison de granit rose. Je me revois, passer en galopant  sous la glycine du portail, longer le sarcophage en ruine de la cour et grimper la volée d’escaliers. Alors, essoufflé, on toquait au carreau en tournant la poignée ronde de la porte d’entrée qui ouvrait sur le carrelage en damier noir et blanc de la cuisine et Marguerite nous accueillait de son doux sourire.

J’étais très impressionné par ce grand-père hors du commun qui forçait l’admiration, à plus forte raison parce qu’il n’était pas commode et peu loquace. Mais quand « il l’ouvrait », il parlait fort et s’emportait vite en jurant. Il tançait quelquefois vertement ma grand-mère et j’en avais mal pour elle. Maurice et Marguerite, c’était le mariage du chaud et du froid, de l’eau et du feu, de la douceur et de l’excès. Et pourtant, sous ses allures de grand brutal, se cachait un écorché vif. Sa Marguerite, il l’aimait. Après sa disparition, je l’ai souvent vu fondre en larmes comme un enfant lorsqu’il se rappelait son souvenir.

Dans le salon, la télévision avait une place importante. Mon grand-père rappelait souvent qu’il avait un besoin vital de se nourrir d’images. Il en profitait quelquefois pour crayonner, le carnet de croquis en mains. Ces moments passés étaient, je me souviens, assez comiques. Il ne fallait pas faire de bruit, au risque de se faire rabrouer durement. Nous qui étions petits et ne connaissions pas la télévision à la maison, nous regardions la bouche ouverte avec des yeux ronds… presque invariablement des concerts de musique classiques, des cantatrices, souvent aussi du cirque ou encore des sujets religieux. Lorsque le programme débutait, mon grand-père allumait sa pipe. De denses volutes bleues s’en échappaient. Puis, dans le silence et le repos dominical… il s’endormait dans son grand fauteuil. Nous en profitions pour engloutir quelques papillotes que Marguerite, jamais en reste pour nous gâter, nous poussait affectueusement sous le nez en clignant de l’oeil.

Aujourd’hui, si nous nous investissons autant dans la sauvegarde de l’œuvre de mon grand-père, c’est aussi au nom du testament moral qu’il nous a légué : un sens du choix pour la cause de l’Art, un sens de la rébellion, mais aussi une grande piété. Aujourd’hui, dans un quotidien fait d’ambition, de violence et de matérialisme creux, je m’enorgueilli d’avoir grandi aux côtés d’un grand-père qui vivait dans la simplicité, méprisait les honneurs de la capitale et qui voua sa vie toute entière à l’Art.

Un grand-père est par essence un être incomparable, le mien était en plus exceptionnel.

 

 

 

 

 

Texte libre

 

Maurice Montet, présent sur le net depuis le 21 août 2006, aurait-il un jour imaginé se retrouver, lui et son oeuvre dans la blogosphère ? Petit fils, je m'emploie à faire connaître et valoriser l'oeuvre immense de l'artiste qu'était mon grand père. A ce jour plus de 4300 oeuvres picturales sont recensées ! Et le travail de recherche se poursuit ! Mon ambition est de faire vivre cette grande richesse, aujourd'hui disséminée dans le monde entier.

Aujourd'hui, le site vient de franchir un cap avec 2600 visites (2620 très exactement), correspondant à plus de 17 000 pages visitées ! Profitez encore de l'exposition thématique sur la Nature avec 106 oeuvres inédites. Ne ratez pas la rubrique "témoignages"  qui compte 13 contributions pour découvrir plus finement qui était "le maître de Thizy" (expression d'Armand LANOUX). 

 

La structure de ce site étant interactive, livrez-nous votre ressenti en cliquant dans "ajouter un commentaire" (voir en bas de chaque article) !

 

A bientôt... sur le blog ; ) et bonne visite !

 

PS : venez visiter mon site personnel "Universall" dédié à la photo !

 

 

Stéphane MONTET

 

Texte libre

NOUVEAU !!! NOUVEAU !!! NOUVEAU !!! NOUVEAU !!!

 

Depuis le 13 avril 2007, après les autoportraits de Maurice Montet, puis le cirque, l'exposition temporaire se tourne désormais vers celui de la Nature à travers 70 oeuvres inédites !

 

Voici depuis le 20 novembre 2006, une nouvelle rubrique "témoignages" ouverte à tous celles et ceux qui voudraient le faire. Vos textes sont à adresser au format "word" en cliquant tout en bas du site sur "contact".

 

Concernant les oeuvres, après une première série de 70 tableaux présentés en galerie, une autre vient de la compléter en la portant à un total de 130 ! de plus, 47 croquis viennent d'être mis en ligne pour faire connaître l'extraordinaire dessinateur qu'était Maurice MONTET. Une galerie thématique tournante permet de découvrir thème après thèmes des oeuvres inédites. 

 

A noter également au chapitre du multimédia, une vidéo de René Montet qui nous explique l'alpha et l'oméga de l'association Maurice Montet (rubrique "l'association").

 

BIENTOT !!! BIENTOT !!! BIENTOT !!! BIENTOT !!!

 

Sont attendus : critique d'art, de nouvelles photos de Maurice MONTET, de tableaux et de croquis, des fichiers vidéos.

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