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Présentation

  • : Maurice MONTET
  • Maurice MONTET
  • : Site officiel du peintre Maurice MONTET. Pour découvrir ou redécouvrir l'oeuvre de ce peintre français (1905-1997) originaire du Rhône, s'incrivant dans la lignée du courant impressionniste.
  • Contact

Quelques mots...

 

Maurice Montet, présent sur le net depuis le 21 août 2006, aurait-il un jour imaginé se retrouver, lui et son oeuvre sur le net ? Petit fils parmi ses nombreux petits enfants, je m'emploie ainsi que tous les membres de l'association éponyme, à faire connaître et valoriser l'oeuvre immense de l'artiste qu'était mon grand père. A ce jour plus de 5 200 oeuvres picturales sont recensées ! Et le travail de recherche se poursuit ! J'ai l'ambition de faire vivre cette grande richesse, aujourd'hui disséminée dans le monde entier sur cet incontournable médium qu'est devenu internet.

 

Aujourd'hui, le site comptabilise plus de 16 800 visites, correspondant à plus de 90 300 pages visitées ! Profitez de l'exposition thématique consacrée au "coup de crayon" de Maurice Montet avec 69 oeuvres inédites à découvrir. Ne ratez pas la rubrique "témoignages"  qui compte 16 contributions pour découvrir plus finement qui était "le maître de Thizy" (expression d'Armand LANOUX).

 

Et si vous possédez des oeuvres non répertoriées de Maurice Montet, faites vous connaître en contactant l'association afin qu'elles puissent être prises en compte pour le catalogue raisonné actuellement en chantier. 

 

La structure du site étant interactive, livrez-nous votre ressenti en cliquant dans "ajouter un commentaire" (voir en bas de chaque article) !

Et pour transmettre des photos de tableaux, merci de les adresser à l'adresse suivante : rene.montet@orange.fr - merci d'avance de votre précieuse collaboration !

 

A bientôt... sur le site et bonne visite ! :)

 

Bien cordialement,

 

Stéphane MONTET

 
PS : soyez les bienvenus sur "Universall", site personnel de photographie.
 


IMG 5540 

Bon à savoir !

NOUVEAU !!! NOUVEAU !!! NOUVEAU !!! NOUVEAU !!!

 

 

EXPOSITION TEMPORAIRE :

Depuis le 14 octobre 2015, après les autoportraits de Maurice Montet, le cirque, la Nature, le voyage, la fête, les cafés, les portraits et la nuit, voici une nouvelle exposition temporaire consacrée au "coup de crayon" de Maurice Montet et la nuit, à travers 69 oeuvres.

 

TELEPHONE MOBILE :

Votre blog en version mobile ! Vous pouvez consulter votre blog depuis votre mobile ! Votre blog est optimisé et compatible avec tous les téléphones du marché. Vous pouvez consulter votre blog directement à l'adresse suivante :

http://mauricemontet.over-blog.com/m/

 

VIDEO :

A noter également au chapitre du multimédia, une vidéo de René Montet qui nous explique l'alpha et l'oméga de l'association Maurice Montet (rubrique "l'association").

 

4 septembre 2006 1 04 /09 /septembre /2006 12:24

 

Maurice MONTET en train de « croquer » sur un de ses innombrables carnets. 

aARTS - Un artiste qui possède une écriture très lisible, très expressive, au sens sûr de la couleur et de la lumière.

 

 

 

 

 

aJ.P. CRESPELLE - France SOIR - MONTET, un autodidacte qui peint avec une singulière vigueur.

 

 

aJacqueline ZAY – AUX ECOUTES - La joie, l’enthousiasme ou l’anxiété, toute la vie d’un peuple, du Peuple, avec l’état d’âme du paysage. La peinture populiste, la vraie, celle qui n’est pas faite sur commande, spontanée, sincère, pleine de promesses.

 

 

aArmand LANOUX – Président de l’ACADEMIE GONCOURT - Comme un primitif, on l’appelle déjà « le maitre de Thizy ». C’est un surnom qui doit plaire à son cœur. En fait, nous avons à faire à un maître, encore inconnu du plus grand nombre, mais plus pour longtemps.

 

 

aJacques FONTAINE - Sa façon de peindre d’un geste ample et sûr dans une couleur âpre et chaude à la fois, reflète l’amertume et la réalité. Ses qualités de peintre affirment son talent reconnu et original.

 

 

aJacques ROBEYROL - MONTET expose aujourd’hui quatre petites toiles dont la matière et la composition font penser à un TOULOUSE-LAUTREC sorti du beuglant ou à un MONTICELLI sans la trituration de la pâte. Il y a dans la vision de cet indépendant une audacieuse fraîcheur.

 

 

aPaul LECOMTE – PARIS-NORMANDIE - Nous croyons MONTET quand il affirme n’avoir suivi aucun cours. Mais il en a reçu un, celui des maîtres qu’il a copiés et dont il s’est inspiré par la suite avant de les rejeter pour être lui-même. Maurice MONTET dans toute l’acception du terme est d’ores et déjà un Maître, un Maître devant lequel on peut s’incliner.

 

 

 

 

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4 septembre 2006 1 04 /09 /septembre /2006 12:02

Maurice Montet connu un important rayonnement dans le monde artistique en général. Lui, le peintre de province, qui plus est perché dans sa modeste commune de Thizy, eut des relations importantes et des amitiés solides. Le très grand nombre d’expositions dans la France entière mais aussi à l’étranger contribuèrent particulièrement à ce rayonnement et à sa renommée.

LES PEINTRES AMIS

Si Maurice Montet exposa avec de grands comme Utrillo, Valadon, Brayer, Fontanarosa, Foujita, Picard-Ledoux, ou encore Lothe, une grande amitié naquit avec Jean PUY, le peintre fauviste, dès 1940 et jusqu’à son décès en 1960. Il en fut de même avec le peintre parisien René MARGOTTON né à Roanne en 1915.

LES PEINTRES QU'IL ADMIRE

Maurice Montet voue une immense admiration à Toulouse-Lautrec. C'est en quelque sorte son peintre de référence. Il admire aussi maurice Utrillo, Honoré DAMIN, GAUGUIN, Jean PUY, INGRES, Lucien FONTANAROSA, et l'illustrateur Gustave DORE.

 

 

LES PERSONNALITES DU MONDE ARTISTIQUE

Mme BEGUE. Epouse d’un grand ophtalmologiste parisien et très introduite dans le monde de la peinture fut pour Maurice MONTET une conseillère de haut niveau et l’opportunité d’accéder dans la capitale aux personnalités représentatives du monde de la peinture.

 M. André SCHOELER. Du Ministère des Beaux Arts, fut à l’origine des acquisitions effectuées par la Ville de Paris et de l’Etat dans le début des années 50.

Pierre ETAIX. Fut associé à Jacques TATI dans plusieurs films. Il est l’auteur-réalisateur du film « le soupirant ».

 

 

LES PERSONNALITES DU MONDE LITTERAIRE

 

Armand LANOUX (1913-1983). Lauréat de nombreux prix dont celui de la Société des gens de Lettres en 1952, le prix Interallié en 1956 et le prix Goncours obtenu en 1963. Il présida l’Académie Goncours durant une longue période. Il fut « le découvreur » de Montet et contribua particulièrement à sa notoriété.

Michel AULAS (1924-1999). Initialement professeur au collège de L’Arbresle, il fut correspondant de presse puis responsable du journal « Le Progrès » à Villefranche sur Saône. Auteur de la biographie de Maurice Montet (« L’inconnu de Thizy ») en 1959 (rééditée en décembre 1997). Auteur de nombreux articles de presse sur Maurice Montet.

Bernard CLAVEL (né en 1923 à Lons le saulnier). Romancier qui obtint de nombreux prix dont le prix Goncours en 1968 (Les fruits de l’hiver). Il entre à l’Académie Goncours en 1971. Il est l’auteur de nombreux romans à succès : La grande patience, l’ouvrier de la nuit, le voyage du père, les colonnes du ciel, malataverne, etc.

Mme BURNICHON. Auteur de « Montet » en 1980.

Mme Odile DUPOYET-METTLING. Auteur de « Rencontres avec Maurice Montet ».

 

 

M. René CORNAND. Auteur de « Montet » en octobre 1995, journaliste et ami de Maurice Montet.

 

LES MECENES

 

Napoléon BULLUKIAN. Ami et collectionneur de Maurice Montet. Mécène reconnu sur Lyon, il finança la recherche sur le cancer ainsi qu’un cœur artificiel. Né à Malatia en Arménie, rescapé du génocide de 1915, s'installe à Lyon entre les deux guerres. Bâtisseur, industriel et mécène, ce français d'origine arménienne se distingue à Lyon par sa remarquable ascension sociale. Il décède le 12 avril 1984. Sa mémoire et son oeuvre demeurent puisque, conformément à ses voeux et grâce à un important legs à la Fondation de France, une fondation portant son nom a vu le jour en 1986. Il acquiert près de 60 oeuvres de Maurice Montet.

D’autres personnalités, plus effacées ou moins renommées ont supporté Maurice Montet, lui permettant de faire « le grand pas » et de ne vivre que de sa peinture. Parmi eux, figure à Thizy le Docteur LAGENEST qui fut un fervent admirateur de Maurice Montet.

 

 

 

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28 août 2006 1 28 /08 /août /2006 14:44

Marguerite MONTET posant sur le pas de sa porte, à Thizy, 11 rue du Bois Semé.  

  

Evoquer l’œuvre artistique de Maurice sans Marguerite n’est pas concevable tant le destin du premier reste intimement lié à la seconde. Maurice n’aurait sans doute pas existé comme il l’a été sans elle ou tout au moins n’aurait-il pas rayonné de la même force. Sa peinture n’aurait pas été empreint de la même force expressive et profonde.

Dans la surprenante épopée du modeste l’ouvrier devenu artiste, Marguerite revêt un rôle central, bien qu’elle fut étonnamment effacée au vu de son importance.

Son esprit vif aurait permis d’en faire une excellente institutrice mais les restrictions de l’époque en décidèrent autrement. Son œil est aiguisé, au point de constituer une critique de premier ordre. Maurice lui soumet toujours ses nouvelles créations. Il l’écoute toujours avec attention et prend toujours en compte -en râlant, certes !- son avis. Alors, il modifie une expression, remodèle un fonds, retouche un reflet, etc.

Marguerite est exemplaire de douceur, de gentillesse et de générosité. Elle fait aussi preuve de qualités maternelles et d’une affection hors du commun.

Toute en opposition par rapport à Maurice, mais aussi étonnamment complémentaire, elle est l’ombre, le retrait, l’effacement, mais aussi la modestie. Si la lune est si belle lorsqu’elle éclate de sa lumière d’argent, l’une de ses faces reste imperturbablement invisible. Marguerite constitue le côté invisible et essentiel de la lumière et du rayonnement de Maurice.

Marguerite, c’est une présence continue, patiente, faite d’abnégation mais aussi de renoncement de sa personne. Il y a en elle une indéniable notion de sacrifice, de don de soi pour les siens. Un renoncement de soi pour les autres, pour son artiste de mari, de courage pour ses enfants qu’il faut élever, nourrir, soigner malgré le manque de moyens, malgré les maladies infantiles. Pour la petite Marie-Thérèse aussi, malheureuse naufragée à qui la vie et le destin n’ont pas permis de survivre plus de 17 jours et que pourtant Marguerite a porté et chéri à l’égal de ses autres enfants.

Marguerite est à l’image de ces laborieux ouvriers de théâtre grâce à qui rayonnent et triomphent les acteurs sous le soleil des projecteurs mais qui toujours restent dans l’ombre des rideaux de scène.

Sa vie est faite de choses simples : sa maison, ses enfants, Maurice, sa famille. Leur bonheur est son bonheur et leur tristesse sienne.

Si Maurice semble né pour se sublimer dans l’Art, Marguerite semble née pour donner, pour se dévouer aux siens et aux autres.

Ses joies sont simples et modestes, à l’image de sa vie : prendre un petit crème en parcourant son quotidien sous le soleil matinal, faire ses mots croisés, regarder la télévision. Des petits plaisirs qu’elle savoure lorsqu’elle a la certitude que son travail est accompli. Elle aimait aussi profondément écouter la musique de Chopin. Elle aimait les fleurs, la Nature et les superbes variations des saisons.

Un brin susceptible, trait de caractère commun aux DEPAY, elle détestait les honneurs, les gens maniérés ou orgueilleux.

Bien qu’issue d’un milieu très laïc, elle était très croyante et pratiquante, sauf si les devoirs ménagers l’imposaient.

Marguerite c’est aussi une grand-mère hors pair dont je me souviens avec toujours beaucoup d’émotion. Je me rappelle ta douceur, tes attentions touchantes. Moi qui n’étais qu’un de tes nombreux petits enfants à qui tu réservais le même accueil, la même affection, tu m’écoutais avec attention lorsque je te parlais de mes passions. Alors, tu te faisais confidente et tu savais admirablement partager mes rêves comme si tu les avais vécus en même temps que moi. Tes cadeaux étaient modestes mais l’on en ressentait à chaque fois toute la valeur. Tu cherchais toujours à nous faire plaisir, à nous contenter.

Aussi, lorsque je parcours la campagne et que les marguerites éclairent les talus hirsutes et embaumés, je ne puis m’empêcher de songer à toi. Ton souvenir m’étreint. Je me rappelle ta douceur et la mélancolie me gagne.  

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28 août 2006 1 28 /08 /août /2006 14:37

 

Maurice MONTET posant -cigare aux lèvres- dans son jardin du Bois Semé en 1991  

 

 

 

Maurice est un enfant hyper sensible et rêveur. Il est secret et d’une nature taciturne. Comme une douleur lancinante, Maurice ressent durant toute son enfance un déficit affectif frustrant. D’abord par sa mère, dure et fragile des nerfs dont l’affection certaine se révèle trop lointaine pour que Maurice ne vienne lui confier ses chagrins. Par son père, Elie, peu démonstratif, qui possède un grand charisme et que Maurice admire particulièrement. Entre eux, il y a à la fois distance et incompréhension. Par sa place dans la famille, partagé qu’il est entre l’intérêt porté à son frère, Edgard, et sa sœur cadette, Camille. Par le vouvoiement de ses parents aussi, contrairement à Camille la cadette, ce qui creuse un peu plus de distance. Par la pension qui l’éloigne un peu plus de l’affection de ses parents et qu’il ressent avec souffrance. Maurice, a l’impression d’être le souffre douleur de la famille. Il gardera de son enfance difficile un goût amer, ayant intimement le sentiment d’en avoir été prématurément dépossédé. Elle sera marquée par une perpétuelle soif affective qu’il ne saura jamais combler et qui le poursuivra toute sa vie. Il en résultera ce tempérament d’écorché vif chronique.

De son père, Elie, ouvrier par raison et talentueux comédien de théâtre amateur par passion, Maurice hérite un tempérament d’artiste. L’incompréhension entre eux subsistera durant tout son vivant. Son père, agonisant, en témoignera, confiant à Maurice que s’il avait su, il lui aurait fait prendre des cours de peinture.

La femme, incarnée par sa mère, semble constituer un refuge affectif. Maurice recherchera vraisemblablement en Marguerite un écho à ses interrogations et à ses états d’âme en même temps qu’une mère grâce à laquelle il espérera étancher son déficit affectif et faire évanouir ses angoisses. Marguerite, personnage essentiel, justement appelée « Maman » ou « la Mère », par Maurice. Marguerite, pleine de bonté et de courage. Marguerite pleine de constance et de patience. Marguerite, première critique, dont l’avis sera toujours sollicité et incontournable moitié de Maurice. Elle lui donnera 7 enfants, absorbant à la fois temps et affection. Maurice devra s’en contenter et se résigner à ce que la mère prenne le pas sur l’épouse et que femme, elle lui échappe d’une certaine manière.

 

Maurice, l’angoissé, Maurice l’anxieux, Maurice le mal-assuré, sera longtemps torturé par le dilemme : travailler pour nourrir sa famille en reléguant sa passion au second plan ou vivre totalement pour celle-ci, au risque de sombrer dans la misère. La misère il la connaît bien, avec la hantise des lendemains, les salaires à peine suffisants pour nourrir la famille, la précarité des ventres vides et le souci lancinant des enfants malades. 

 

Maurice est un angoissé, un mal assuré qui aime goûter la solitude. Aussi, il déteste la mondanité des vernissages, leur côté promotionnel, leurs joutes oratoires et leur maniérisme. Sa difficulté à supporter la contradiction rendent agaçantes les questions des critiques. Son regard est froid. Il a du mal à sourire. Maurice, iconoclaste. Maurice patient et laborieux et opiniâtre. Maurice insondable, parti sur une mer sans jamais en atteindre le rivage. Maurice énigmatique.

Maurice appartient avant tout au peuple, à sa misère et à ses souffrances. Autodidacte, il ne connaît de style académique que son style personnel répondant davantage aux exigences de ses révoltes, de ses angoisses, qu’à de froides techniques. Il peint avec ses tripes. C’est pour cela que son thème de prédilection est la rue. La rue avec ses petites gens, ses souffrances quotidiennes et ses drames. La rue avec ses scènes pleines de spontanéité et d’humilité. Dans la rue, il retrouve et exorcise les fragments de vie et de souffrances qui l’ont marqués pour toujours.

Maurice marquera une évolution notoire en réalisant le rêve du père qui devra reléguer sa passion au second rang durant toute sa vie. Plus fou ou plus avide de liberté et d’anticonformisme, il saura tout abandonner des contingences de la vie professionnelle. Ainsi  pourra-t-il s’accomplir en s’adonnant tout entier à son Art en emmenant sa famille dans son aventure.

Maurice est croyant et fervent pratiquant. Il fait preuve d’une foi ardente, se révélant notamment très attaché au culte de la Vierge Marie, qui semble constituer pour lui l’incarnation divine de la femme. Il se verra souvent traité de « calotin ». La religion, il en attend beaucoup, mais peut être encore bien plus de Dieu. Elle est pour lui synonyme d’espoir, de refuge, parfois de déception lorsqu’elle se révèle fort éloignée des impératifs de la rue et du quotidien.

 

Maurice est un humaniste. Il croit en l’homme et espère un ordre meilleur auquel peut contribuer la morale religieuse, plus que le Clergé. Il se révèle en effet très méfiant des ordres établis, sûrs d’eux même et des principes qu’ils distillent. Ainsi le sera-t-il notamment du Clergé, du syndicalisme, de la démagogie. Il refuse la misère, l’injustice, la violence et les tutelles.

Maurice est sincère, jusqu’à en être bourru et violemment colérique. Sa mauvaise humeur est légendaire. Il est modeste aussi. Son calme, ses longs silences et la fumée bleue de sa pipe parlent pour lui. S’il est extrêmement pudique et aime goûter la solitude, il apprécie plus que tout d’être entouré et d’échanger. Aussi, toute sa vie sera jalonnée d’amis et de connaissances très nombreux qu’il sera côtoiera à sa maison du Bois semé à Thizy, dans ses expositions, dans ses associations -Arc en ciel, groupe des 9- ou encore au café. Il est fidèle en amitié, valeur qu’il considère comme inestimable.

Maurice et les épreuve du deuil. Sa nature d’hyper sensible les ressentira comme autant de coups de poignards qui l’atteindront. Il connaîtra successivement les souffrances de la mort de ses parents qui le laisseront orphelin, notamment celle de sa mère qui disparaît à 57 ans, mais aussi de la petite Marie-Thérèse, enfant bleue, qui ne survivra que 17 jours.

Quant à l’Art pour Maurice, c’est à la fois un besoin de s’exprimer et un refuge, à l’image de son atelier où il s’enferme si fréquemment à l’aube pour travailler sans relâche et peindre. Dans la peinture, activité mystique et exigeante, il trouve apaisement, libération mais aussi impuissance. Si elle a le pouvoir de le rasséréner, elle peut aussi le décevoir, lui qui est terriblement exigent, et le rendre malheureux notamment lorsqu’il a la certitude de ne pas être compris.

Tous les non-dits, toutes ses frustrations, se retrouvent dans sa peinture, domaine d’excellence où il s’exprime le mieux. Peindre n’est pas un loisir pour lui mais un combat. Peindre lui permet de vider son sac, de maudire, d’insulter, de provoquer, de rêver aussi. Il conçoit l’art comme destiné au peuple. Peindre lui permet de trouver un peu d’opium pour soigner les chimères qui le torturent. Alors, souvent il s’évade dans son atelier pour échapper à son travail, à sa famille et à la société. Ce n’est que lorsqu’il peint, qu’il est en paix avec lui-même.  

 

 

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25 août 2006 5 25 /08 /août /2006 22:34

  

Maurice MONTET lors d’une exposition, en compagnie de son fils René. 

 

 aPRIX OBTENUS :

 

-         1er Prix de la ville de St Dizier en 1950.

 

-         1er Prix de dessin et de peinture à l’exposition des artistes de l’enseignement en 1948.

 

-         1er Prix au Salon des Artistes et Artisans du Bâtiment (attribué par le groupe PARIS-LYON en 1955).

 

-         1er prix de l’exposition « Kermesse aux étoiles » de Paris en 1957.

 

-         Médaille d’or à l’exposition de la Société Lyonnaise des Beaux-Arts en 1958. (ainsi que Jean CHARBONNIER.)

 

-         Grand Prix international de peinture à Juans les Pins en 1971.

 

-         Médaille d’Or hors concours à l’Union Artistique franco-européenne de Juans les Pins.

 

-         Médaille d’argent au Salon international d’Avignon en 1984.

 

     aDISTINCTIONS :

 

-         Officier de l’instruction publique depuis 1957.

 

-         Chevalier de l’ordre des Arts & Lettres depuis 1977.

 

  aACQUSITIONS D’ETAT :

 

-         Lyon (Musée des Beaux Arts) : une scène de café et des chevaux.

 

-         Fonds Municipal d’Art Contemporain d’Ivry sur Seine : un paysage d’hiver, un port marchand.

 

-         Fonds National d’Art Contemporain de Puteaux : un attelage, une scène de fête du 14 juillet, un enterrement.

 

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Published by S. MONTET - dans Distinctions
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25 août 2006 5 25 /08 /août /2006 22:28

De l’enfance à la mer

Maurice MONTET est né le 26 mars 1905 à ROANNE (Loire). Son père, Elie, était dessinateur, maître ferronnier et mécanicien. Sa mère, Anna Barras, fit d’abord « des écritures » en mairie avant de devenir ouvrière dans le tissage.

C’est vers 1914, alors qu’il est en classe, que Maurice MONTET se signale par le portrait qu’il exécute de son professeur, lequel, le trouvant ressemblant, le lui confisque et l’envoie à son frère alors sur le front.

Il a un frère aîné, Edgard (né en 1904), avec lequel il sera placé en pension à Villers chez les DEMICHEL, et une sœur cadette, Camille (née en 1913). La famille qui vivait à Roanne, près de l’église St Anne, viendra habiter en 1908 à Thizy le quartier Merle. Maurice est scolarisé dès 1911 chez les frères. Enseignement dont il gardera une foi profonde. 

 Quittant rapidement des études pour lesquelles il n’était pas fait, Maurice MONTET commence à travailler en apprentissage  dès l’âge de 12 ans en effectuant du nettoyage à l’usine comme mécanicien d’entretien.

 En 1918, Maurice MONTET a 13 ans. Il va « croquer » Anna, sa mère, en train de « visiter du tissu » puis son père Elie écoutant un poste à galène. Ce sont des dessins bien maîtrisés et pleins de fraîcheur.

 A 16 ans, il vit avec Marinette, rencontrée à Roanne, sa première idylle. Mais les aléas les font s’éloigner. Marinette se mariera avec un autre garçon et Maurice connaîtra les souffrances de son premier chagrin d’amour qui l’amèneront, par dépit, à rejoindre en septembre 1923 les brumes de Dunkerque et embarquer dans la marine.

Jusqu’à 18 ans, il occupera plusieurs places dans les ateliers des usines de Thizy et de Roanne. Côtoyant la dureté du monde ouvrier, il connaît l’incertitude des lendemains : la faim, les grèves, les occupations d’usines et les salaires au rabais.

 Maurice s’engage dans la marine marchande en novembre 1923. Il embarque alors comme mécanicien-graisseur à bord de « l‘Andromède », un cargo mixte desservant l’Océanie, emportant avec lui un bloc de papier à dessin et les œuvres de Théodore Botrel. Il y trouve de nouvelles sources d’inspiration : les marins, les buveurs, les filles.

Il effectue son rapide apprentissage de marin entre Dunkerque et Bordeaux. De là, il rejoindra les Antilles, puis Panama et gagnera ensuite Tahiti, royaume éclatant de Gauguin, puis la nouvelle Calédonie et enfin l’Australie.

Ressentant  « le mal du pays », il met un terme à son engagement dans la marine marchande. Mais déçu de la vie à terre, il contracte en juin 1924 un nouvel engagement dans la marine de guerre et embarque à Toulon sur un sous-marin -« le Regnault »- en 1925 comme quartier maître mécanicien, juste après avoir fait la connaissance de Marguerite DEPAY dont la mère est l’amie de Anna. Toutes deux travaillent dans la même usine de tissage. A la suite d’une grave avarie au large de Porquerolles, il frôlera la mort. Il quitte définitivement la marine le 29 juin 1927.

 Les temps de l’incertitude et de la recherche

 Il devient alors mécanicien d’entretien aux établissements BERTHAUD-PERRIN, une fabrique de tissus d’ameublement et y exercera de 1928 à 1946. C’est ici avec la complicité de sa forge qu’il va aborder un autre volet de son art : le fer forgé. Il réalisera de nombreuses œuvres, notamment sur commande : portails, porte-manteaux, lustres, lampadaires, bougeoirs.

 Le 10 mars 1928 marque une date essentielle : Maurice MONTET se marie avec Marguerite DEPAY. 7 enfants naîtront : Eliane, Jeannine, René, Alain, Jean, Anne-Marie et Marie-Thérèse qui connaîtra l’infortune de ne survivre que 17 jours. Ils habiteront à Thizy le quartier Chaboud dans une maison située juste en face de la forge de l’usine où travaille Maurice.

 Maurice a 25 ans lorsqu’il expose en 1930 sa première œuvre chez M. Demathieu, encadreur à Thizy, une petite huile représentant la rue Porte-Jacquot à Thizy, datée de 1927. Après une fébrile surveillance de la vitrine, Maurice aura la joie de récolter 20 francs de la vente au docteur Lagenest qui deviendra un fervent admirateur.

 Le seul salaire de Maurice -25 francs par jour à cette époque- suffit difficilement à entretenir la famille, surtout lorsqu’il s’agit d’acheter couleurs, châssis, toiles  et papier ou qu’un enfant tombe malade. Maurice troquera souvent des consultation chez le docteur Lagenest contre de ses tableaux.

 Maurice connaît en 1934 les souffrances du deuil de sa mère qui décède à 57 ans. Il  peint la scène triste du corbillard tiré par une « rossinante » dans une rue déserte et mouillée.

 En 1935, il rencontre Henri Vieilly, enseignant à l’Ecole des Beaux-Arts de Lyon qui deviendra un ami et un professeur. Il l’initiera, entre autre, à l’art du nu dans son atelier de la place des Terreaux à Lyon.

 Durant la guerre, il est affecté dans un détachement ouvrier à l’arsenal de La Mouche à Lyon, aux ordres d’un officier ivrogne. En juin 1940, il est témoin des souffrances de l’exode qu’il retranscrira sur la toile. Jean naît en 1940. Marie-Thérèse, infortunée enfant bleue, lui succède en 1942 et décède au bout de dix sept jours.

 En 1944, Maurice MONTET change d’adresse pour aller habiter la partie haute de Thizy, au 11 rue du Bois Semé, ce qui le rapproche du centre ville.

Il va cette année faire la connaissance de l’écrivain Armand LANOUX qui se rendra célèbre par ses écrits et deviendra Président de l’Académie Goncourt. Ce dernier, à l’amitié solide, va se révéler un levier capital.

 Puis Maurice abandonne la forge et va travailler comme professeur technique adjoint au centre d’apprentissage d’Amplepuis. Une grave crise de rhumatisme le cloue quatre mois au lit et lui permet un retour sur lui-même. Démissionnant de son emploi, il trouve un poste de professeur de dessin dans un centre d’éducation ménagère. Anne-Marie, la cadette voit le jour.

 En mai 1944, les souffrances du deuil se manifestent à nouveau de manière aiguë à Maurice qui perd son père Elie.  

 Maurice MONTET est déjà quelque peu connu car il expose tous les ans depuis 1934 au salon des Amis des Arts de Roanne (Loire). C’est aussi à compter de 1945 qu’il va devenir chaque année un fidèle exposant du salon de peinture Regain, situé quai de Bondy à Lyon.

 Les critiques déjà nombreuses, saluent en MONTET un fauve inconnu au dessin sûr et aux couleurs chatoyantes. Un peintre qui s’est fait tout seul et qui, par sa peinture, s’inscrit dans la lignée des Toulouse-Lautrec et Utrillo.

 Maurice, en mal d’évasion, est conquis par les gens du voyage dans leur roulotte, par les cirques en plein air, par l’atmosphère des gares. La ré-instauration après 1945 des fêtes foraines et des défilés aux flambeaux vont figurer parmi ses sujets de prédilection. Sensible à la souffrance humaine, il la traduit chez les « filles de rue » et dans la population hantant les cafés. Il aime les chevaux. Il va les « croquer » et les peindre abondamment. Ce sont ces mêmes montures qui apportaient chaque matin, notamment pendant la guerre de 39-45 les 2 litres de lait vitaux pour les 6 enfants de la maisonnée MONTET.

 Maurice créé avant la guerre avec René Merlin le groupe ARC EN CIEL. Ce groupe, auquel Maurice Utrillo, peintre ami, apporte son soutien en 1938 regroupe des artistes, quelle que soit leur activité pour mettre leur art en commun. Il y trouve le remède à « l’isolement intellectuel et artistique dans lequel sont souvent plongées les petites villes et plus particulièrement Thizy ». Arc en ciel prendra son essor en 1947 et regroupera des lettrés, des sculpteurs, des peintres, des musiciens, dont rené Merlin, futur beau-frère de Maurice. L’une des principales activité consistait en l’organisation d’un salon auquel Montet invitait d’autres de ses amis.

 Maurice rassemblera ainsi, à l’instar de sa vie entière des chaînes d’amis qui étaient également ses admirateurs. On trouvera ainsi l’académicien Armand Lanoux, l’écrivain Bernard Clavel, le cinéaste Pierre Etaix, des peintres comme Maurice Utrillo, Jean Puy, René Margotton, Mick Micheyl ou encore Annie Fratellini, fondatrice d’une école de cirque, qui influencera Maurice en matière de clowns, d’animaux et de gens du voyage.

 Le peintre, ainsi que de nombreux artistes s’illustreront notamment dans la restauration, durant dix ans, de la chapelle St Georges de Thizy au cœur roman de 1080, alors à l’abandon, en découvrant notamment une descente de croix attribuée à Van der Weyden ainsi que d’intéressantes fresques.

 René Merlin, qui partageait avec lui les bancs de l’école devient son beau-frère en se mariant avec sa sœur Camille. Talentueux musicien primé par le Conservatoire de Lyon, compositeur et chef d’orchestre, il devient un de ses confidents et fonde une chorale dont s’inspire Maurice.

Maurice assouvit son besoin de liberté professionnelle en fondant avec son ami Perche une entreprise de ferronnerie et de mécanique.

 Autre rencontre, autre chance de Maurice MONTET, celle de Michel AULAS. Sa biographie de Maurice, parue en 1959 sous le titre « l’inconnu de Thizy », ainsi que ses nombreux articles de presse accentuent l’audience du peintre et élargissent le cercle de ses acheteurs.

 L’accession à la maturité artistique

En 1950, l’entreprise périclite. Maurice et Perche décident de se séparer. Maurice n’hésite alors pas longtemps : il met un terme à son activité artisanale et « se jette à l’eau ». Il va s’adonner totalement à son art, avec tous les aléas attachés à cette décision.

Il sera acquis à partir de 1951 par de grandes villes françaises dont Paris, Lyon et par l’Etat. Trois œuvres le seront notamment par le Fonds national d’art contemporain : « la carriole », un paysage, « l’enterrement ».

 Entre 1950 et 1960, le peintre fréquente souvent la capitale et se rend régulièrement aux ateliers de la Butte en nouant amitié avec Raymonde Bégué, « dame du tout Paris » et André Scholler, expert en tableaux.

En 1956, Maurice MONTET qui rêve d’une grande exposition à Paris, voit son rêve exaucé en remportant lors des jeux floraux de Normandie, le concours « le rêve de votre vie », organisé par Radio-Luxembourg. En remportant les trois prix de dessin, gravure et sculpture, il pourra ainsi exposer à la galerie Marcel Bernheim, 35, rue de la Boétie. C’est une réussite dans la mesure où elle attire des regards de personnes influentes dans le monde de la peinture. C’est là que Max Favalelli comparera sa peinture à celle de Toulouse-Lautrec. Des offres très alléchantes sont faites au peintre avec un revenu fixe et une renommée assurée. Ces nouveaux amis du peintre le réclament à Paris. Pour MONTET qui n’aime pas se faire « ligoter » et a horreur de l’esbrouffe et des mondanités, la décision est vite prise. C’est non. On se quittera à l’amiable. Il faut savoir au demeurant que ces gens là, ont accroché à leur cimaises un certain nombre d’authentiques toiles des plus grands peintres.

 Les expositions vont ensuite se multiplier. Il en a été recensé 309 mais beaucoup, faute d’informations, n’ont pu être prises en compte. Outre les salons des Indépendants à Paris ou le Salon Regain à Lyon, il envoyait à la demande de galeries ou d’organisateurs d’expositions des œuvres dans toute la France. Il a participé également à des manifestations internationales (aux Etats Unis, en Hollande, en Belgique, en Allemagne, au Canada, en Biélorussie).

 Il expose ainsi avec succès dans la capitale dans de brillantes galeries comme Pelletan-Helleu, boulevard St Germain, au Musée Pédagogique de la rue d’Ulm, le Salon Populiste du boulevard Montparnasse, la Galerie de Groot, la Galerie Pierre Para, place de la Madeleine, la Galerie Weill, etc.

 Son amour de THIZY va l’amener à devenir le Président du Syndicat d’initiative et ce, dès sa création. En ardant défenseur de tout ce qui se ramène au passé de sa commune, il devient logiquement la personne chargée de la conservation du patrimoine thizerot.

 Et puis, parce qu’il est artiste et puis parce qu’il faut bien faire vivre la famille, il sera amené à s’exprimer sous de nombreuses formes. On le verra ainsi fabriquer des boutons en cuivre pour de la haute couture, sculpter sur bois ou pierre, faire du vitrail avec de la dalle de verre, de la céramique, de la gravure, du fer forgé profane ou à caractère religieux (porte de tabernacle, calices, crucifix, chemins de croix, etc.).

 En dehors de son thème de prédilection qu’est la rue sous toutes ses formes, il ramène des assises à Lyon en 1960, puis de 1970 à 1972 où il est désigné juré, portraits et scènes de séances, déclarées comparables par la critique au style de Daumier.

 En 1962, il perd son beau-frère et regretté camarade artiste musicien René Merlin, âgé de 57 ans. En mémoire de son œuvre artistique remarquable, son buste trône depuis sur une place de Thizy.

 En 1963, Maurice fonde le « groupe des neuf », mettant en commun des sculpteurs (comme Michel Lapendéry et Jean Lachaize) et peintres régionaux (comme Gabriel Ohayon, Maurice Mauletti, Alain Joly, Jullian, Michèle Gramelle et Emmanuelle Grégoire) de Lyon et de sa région, mettant ensemble leur talent, leurs idées, leur vocation, afin de se faire connaître du public. Ils tiendront une réunion par semaine durant près de dix ans.

 Dans les années 70, il créé le musée Mathilde Ovise dans une antique maison des vieux quartiers de Thizy qu’il inaugure en juin 1979. Il y rassemble des objets du patrimoine local. Dix ans plus tard, il fait don du contenu ainsi que du musée en lui-même à la municipalité de Thizy. 

 En 1992, Marguerite, rendue prisonnière par sa surdité et atteinte de paralysie depuis six mois, s’éteint le 15 novembre à 86 ans.

 MONTET s’est éteint le 6 juillet 1997 à l’âge de 92 ans, comblé par une vie consacrée comme il le désirait à la peinture et entouré de la tendresse de ses enfants qu’il savait en train de rassembler le patrimoine artistique qu’il leur laissait en recensant notamment son oeuvre.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 août 2006 5 25 /08 /août /2006 22:22

Maurice MONTET et son inséparable pipe. 

 

q « Je crois avoir toujours peint, je crois que j’ai peint avant de savoir lire. Je dessinais comme on s’amuse quand on est enfant. Mon plus beau jouet, ça a été un crayon de couleur bleu d’un côté et rouge de l’autre ».

q « Je ne suis jamais passé par les écoles de peinture, mes parents étaient trop pauvres ».

q « La peinture, c’est quoi ? La reproduction de quelque chose que l’on voit , plus quelque chose qui ne s’explique pas mais qu’il faut avoir ».

q « La peinture, ça se regarde. On peut difficilement en parler ».

q « Vers 1944 Armand Lanoux m’avait, après une exposition à Montparnasse, fait mettre au groupe des « peintres populistes » à Paris. L’étiquette « peintre populiste » m’est restée ».

q « Pour peindre, il faut avoir faim ».

q « Mes universités à moi, c’est la rue ».

q « Je suis un ami des gens du voyage ».

q « Je ne saurais jamais faire un sourire ».

q « Si je n’étais pas chrétien, il n’y aurait d’autre issue que le suicide ».

q « J’aimerai qu’on me jette en tôle… j’aurais le temps de m’occuper de moi et je peindrai un désespoir utile ».

q « Les gosses pissent au lit par faiblesse et « virent sur la carosserie » à tout bout de champ parce qu’ils sont sous-alimentés ».

q Extrait d’un courrier à un ami : « Tu me demandes ce que représente pour moi la peinture. Tu ne seras pas surpris lorsque je t’aurais dit qu’elle représente tout. Une sorte de maladie contractée très jeune et qui est devenue incurable. La peinture est un besoin de s’exprimer, de se défouler. Je dois dire que le résultat est rarement atteint… Il y a un monde entre le désir et la réalité » […]

q « Je peins pour moi, ce que j’aime. J’essaie souvent, sans y parvenir, de faire passer dans une toile l’émotion que j’ai reçue » […]

q Extrait d’un courrier de Maurice Montet à Jacques THOMANN - galerie de Villefranche sur Saône, avril 1976 : « Saches que mon peintre de prédilection reste Toulouse-Lautrec, lui, le seul qui ne m'ait jamais déçu et cela, de ses cahiers d'écolier à toute son oeuvre peinte» […]

q « Je peins les choses comme je les vois en essayant d'aller à l'essentiel avec le minimum».

q « Malgré mes faibles moyens financiers, j'ai toujours acheté les tubes de peinture de la meilleure qualité ».

Quelques jours avant de mourir, il dit à son fils René : « Je crois avoir fait de la bonne peinture ».

 

 

 

 

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25 août 2006 5 25 /08 /août /2006 22:14

Les enfants de Maurice MONTET sur le perron de la maison familiale. De gauche à droite : René,Jean, Alain, Annie, Eliane et Jeannine. 

 

Voici quelques mots de René Montet sur l'association et l'importance qu'elle possède pour faire vivre et promouvoir l'oeuvre de celui dont elle porte le nom :

 

 


N'oubliez pas !

Assemblée générale de l'association :


Dimanche 23 septembre 2012 - Mairie de Thizy (69) - 9h30 - Entrée libre.

Il s'agira de sa 11ème édition



 

A l’origine, Henri-Pierre (le fils aîné de René MONTET) suggère de tout faire pour éviter qu’au décès de Maurice MONTET, son œuvre ne sombre dans l’oubli. Ainsi est née l’association en 2002 sur cette lumineuse suggestion et la volonté des 6 enfants de Maurice et de Marguerite. Son objectif est de rassembler, valoriser, protéger et promouvoir l’œuvre artistique de Maurice MONTET.

Aujourd’hui, plusieurs chantiers sont en cours :

 

- recensement exhaustif et numérisation de l’œuvre artistique de Maurice Montet. A ce jour, ce ne sont pas moins de 5 000 œuvres qui ont été patiemment rassemblées en se basant sur les répertoires de Maurice Montet… et beaucoup sur le bouche à oreille. Ce recensement « à la Sherlock Holmes » est effectué par René MONTET.

 

- tri et numérisation des (considérables) archives sur Maurice MONTET : courriers manuscrits ou non, reçus ou adressé, profusion d’articles de journaux, notamment sur les innombrables expositions de Maurice MONTET. Ce travail est réalisé par Jean MONTET (à contacter à : jjmontet@sfr.fr) et son fils Philippe.  

 

- mise en place d’expositions sur Maurice MONTET. La première a été la rétrospective sur l’œuvre de Maurice MONTET. Elle a été réalisée à Thizy en octobre 2005 (année du centenaire de l’artiste) en étroite coopération avec Mme Anne BARRE et Pierre CHABAT de l’association du patrimoine du haut Beaujolais à l’Ecomusée. Cette grande première, ardemment attendue par tous les amoureux de Maurice MONTET mettait en scène 85 œuvres picturales. Un catalogue de cette exposition a été édité (voir rubrique « bibliographie) avec une critique d’Art des œuvres présentées signée Eric BALLANDRAS.


- création d’un catalogue raisonné de l’œuvre. La démarche consiste à créer un ouvrage présentant une importante sélection représentative des œuvres de Maurice MONTET, homogène du point de vue des époques, des techniques et des sujets.

 

 création d’un site internet interactif dédié à l’œuvre du peintre. Ce site existe depuis le 21 août 2006. Une structure weblog (blog) a été choisie pour son interactivité. Il est ouvert aux personnes qui souhaiteraient s’exprimer sur l’ouvre de Maurice MONTET ou encore adresser tout document digne d’intérêt : texte, photo, document audio ou vidéo. L’administrateur est Stéphane MONTET.

 

Domiciliée Mairie de Thizy (Rhône), elle a été enregistrée au Journal Officiel sous les n° SIREN 439231705 et SIRET 439231705000 13. Elle tient son assemblée générale annuelle à Thizy.

 

Son président est Jean-Edouard MONTET. Il peut être joint à l’adresse suivante :

M. MONTET René

10, Rue de l'oasis - 69600 OULLINS

rene.montet@orange.fr

Tél. : 04-78-51-95-89 (répondeur)

 

 

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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 13:02

-         « L'inconnu de Thizy » (Michel Aulas), Editions du Cuvier. Villefranche sur Saône, 1959 (préfacé par Armand Lanoux). Ouvrage réédité en 1997 aux Editions Xavier Lejeune à la mort de Maurice Montet.

Ouvrage de 140 pages, adjoint d'une postface et préfacé par Bernard Gouttenoire, critique d'Art et journaliste au Progrès de Lyon et Armand Lanoux, de l'Académie Goncourt. Huit oeuvres de la collection particulière de Maurice Montet l'illustrent. Il constitue l'ouvrage bibliographique de référence  sur Maurice Montet en appréhendant notamment la psychologie torturée du peintre et retrace le parcours de son oeuvre.

-         « Maurice Montet », Edition Charline-Alban - Roanne, 1980.

Ouvrage de 56 pages. Un ensemble de peintures, dessins et correspondances épistolaires de Maurice Montet sélectionné par les auteurs et Maurice Montet, illustre des témoignages poignants sur l'artiste avec ceux, notamment de Armand Lanoux, Michel Aulas et Roger Chevallier.

-         « Rencontres avec Maurice Montet » (Odile Dupoyet-Mettling), Edition Césura  Editeur - Lyon, 1991.

 

 

Ouvrage de 96 pages. Riche contribution sur le peintre aux plans biographiques et documentaires (dessins, tableaux, clichés du peintre, correspondances épistolaires). L'auteur innove avec des éléments de critique artistique et d'interprétation, ainsi que par des dialogues attachants avec l'artiste.

 -         « Bâtisseurs de lumière », Edition les traboules, 1996.

 -         « Dictionnaire des peintres & sculpteurs à Lyon au 19 et 20ème siècles » (Bernard Gouttenoire), Edition la Taillandière.

  -         « Pour découvrir les peintres entre Loire & Rhône » (Eric Balandras), Edition La Bartavelle.

 -         « E. Bénézit », Edition 1976 - Librairie GRUND, Paris.

 Il s'agit d'un dictionnaire d'artistes. Un extrait d'une quinzaine de lignes est consacré à Maurice MONTET (éléments biographiques et artistiques) qui est classé parmi les peintres et graveurs, Tome 7, page 501.

 -         « Montet » (René CORNAND), 1995.

 Etonnant manuscrit de 52 pages, jamais publié mais déposé à la Bibliothèque nationale de Paris. Fruit d'un ami journaliste (et peintre) de Maurice Montet, ce recueil dans lequel prime le fond sur la forme, comprend des textes manuscrits, des articles parus à « L'Essor du Roannais», à « La Tribune », « Le Progrès » de 1982 à 1995. Ils concernent des éléments biographiques mais surtout de perspicaces critiques et analyses artistiques.

-         « Montet » (Ecomusée du Haut Beaujolais), 2005.

Ouvrage de 144 pages publié à l'occasion du centenaire de la naissance de Maurice MONTET dans le cadre de la rétrospective organisée du 4 juin au 16 octobre 2006. Il recense les quelques 80 tableaux de l'exposition tout en étant précédé d'une analyse critique de Eric BALLANDRAS.

 

Note :

Dans l'esprit de sauvegarde et de valorisation de l'oeuvre de Maurice MONTET, un catalogue raisonné est en préparation.

 

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Published by Stéphane Montet - dans Bibliographie
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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 12:54

 

LES THEMES

 Les thèmes traités par Maurice MONTET sont divers. S'il a acquis la réputation de « peintre des chevaux » et des attelages, il est un thème de prédilection : celui de la rue. La rue avec ses petites gens, ses souffrances quotidiennes et ses drames. La rue avec ses scènes pleines de spontanéité et d'humilité. Ce sont ainsi les scènes de bistrots (notamment « Chez Gégène à Joinville le Pont), les péripatéticiennes, les scènes de marché, et puis la fête, déclinée en fêtes foraines et défilés aux flambeaux, défilés de conscrits. Il peint également de nombreuses scènes intimistes, notamment familiales avec sa femme et ses six enfants, de très nombreux portraits, notamment des humbles « célébrités » de sa ville. Les autoportraits sont nombreux et marquent bien les différentes étapes de sa vie.

 Le thème du voyage et du départ retient également son attention avec des paysages de ports et de navires en partances, scènes de gares, tout comme les gens du voyage et leurs roulottes. Maurice aime le cirque, la chaleur et l'intimité des scènes sous les projecteurs avec ses acrobates, ses jongleurs et ses clowns. Il réalisera d'ailleurs un autoportrait en clown à l'air triste.

 Il peint également ses visions de la ville avec notamment les rues et les façades de sa ville de Thizy, de Paris où il fréquentera assidûment la butte de Montmartre, les rues de Bastia et d'Ajaccio en Corse en 1954 où habite son frère Edgard.

 La nature l'inspire également, comme les scènes champêtres des sous-bois de sa région, les paysages de Provence et de Camargue qu'il ramène en 1957 et 1958, les vendanges, les foins, mais aussi les fleurs qu'il peint en bouquet, quelquefois associés à des natures mortes, notamment lorsque Marguerite revient les bras chargés du marché. Il peint la magie renouvelée des saisons, particulièrement l'automne avec ses feux, ses jours de pluie et l'hiver avec sa grisaille.

 Des assises à Lyon en 1960, puis de 1970 à 1972 où il est désigné juré, il peint les acteurs du prétoire et ramène portraits et scènes de séances.

 Sa foi ardente l'amène également à réaliser des oeuvres relatives au thème religieux, notamment la crucifixion, des visages du Christ, les processions, les chemins de croix, mais aussi des objets en ferronnerie, tels des ciboires. La restauration de la chapelle St Georges en état de délabrement l'amène également à réaliser de nombreuses oeuvres d'intérieur et d'extérieur.

 LES TECHNIQUES

 

 

Le volet peinture représente l'activité principale de Maurice MONTET. Il aborde rapidement l'huile qu'il travaille d'abord au couteau dans ses premières années, puis ensuite aux brosses. Il a ensuite vite maîtrisé la technique de la gouache, ce qui démontre toute sa maîtrise du dessin et de la couleur. Le budget familial étant très réduit, il peint sur tous les supports qu'il trouve : vieux panneaux de bois de lit, contreplaqué, toile d'emballage encollée, papier à tapisseries nappes en papier des restaurants. En revanche, il choisit toujours la meilleure marque de peinture.

 René Cornand, journaliste et ami, remarquera un vert spécifique à Maurice MONTET que ce dernier obtenait à partir du vert « malaquite ». Une couleur dont Maurice faisait fidèlement l'acquisition, à l'instar de toutes les autres, chez LEFRAND & SENNELIER, Quai Voltaire à Paris.

 Le deuxième volet technique majeur est constitué par les croquis qui lui permettent deux exercices : « croquer » des scènes sur le vif et s'exercer à travailler le trait, les volumes et les formes. Il laissera ainsi d'innombrables pochettes remplies de carnets de croquis, exécutées au crayon à papier, mais aussi au fusain et à la sanguine.

 Maurice s'essayera également à d'autres techniques picturales : les lavis, l'encre de Chine, le brou de noix, les monotypes et les gravures sur bois et sur cuivre.

 Sur un plan extra pictural, il réalisera un nombre conséquent d'oeuvres en fer forgé mais aussi des sculptures sur bois et sur pierre, quelques moulages en bronze et en terre, des vitraux à base de dalle de verre, de la céramique.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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